Chef’s Table, nouvelle table ludique du Vieux-Montréal

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Chef’s Table, nouvelle table ludique du Vieux-Montréal

Si je vous parle de Chef’s Table, vous pensez sans aucun doute à la série documentaire netflix qui nous a tous conquis dès les premiers épisodes. Avec une mise en scène des plus alléchantes, les chefs chouchous Massimo Bottura et Dan Barber présentés l’un après l’autre, difficile de ne pas tomber sous le charme du concept.

Mais non, depuis peu, Chef’s Table fait dorénavant référence à une nouvelle table du Vieux-Montréal, sous le thème de la lucidité. Situé sur la Place d’Youville, ce restaurant d’une soixantaine de places — avec terrasse en été —, tire son épingle du jeu avec la forte intention d’offrir une nouvelle expérience gastronomique à Montréal.

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Cocktail "Afternoon tea" à base de gin et sirop de thé english breakfast. Très bon !

Ambitieux ? Oui, très. Surtout à Montréal, là où le marché de la restauration n’a jamais été aussi compétitif, mais qui n’a jamais été aussi excitant. Toutefois, il faut dire que l’équipe derrière ce nouveau projet en a derrière la cravate. Le Speakeasy et la crèmerie Freeze Brother sur McGill, c’est eux. La chef, Marie-Anne Bédard, a également les commandes du Speakeasy dont on m’a beaucoup parlé en bien, autant par l’ambiance que par la nourriture. Nicolas a quant à lui ouvert très récemment le Comptoir Tô, endroit où j’ai eu un gros coup de cœur par leur plat d’inspiration asiatique d’une simplicité, mais d’une fraîcheur irréprochable. Pensez ici à Bahn Mi, rouleaux printaniers, sushis, bol de poke, tartare… On aime.

Enfin, le troisième associé est Alexandre Dalmar, nouveau sur la scène gastronomique montréalaise, mais a déjà fait ses preuves outre-mer.

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De gauche à droite : Cédric, Nicolas et Alexandre

Revenons à ce projet ambitieux, Chef’s Table, dont j’ai eu le plaisir d’y être invité quelques semaines après leur ouverture.

J’ai beaucoup aimé ma soirée, mais ai-je été flabbergasté par mon expérience? Pas à ce point. J’ai eu beaucoup de plaisir — grâce entre autres aux quelques interactions des serveurs —, même si je trouvais ça limite années 2010… Peut-être que c’est moi avait mis la barre trop haute, résultat de mon travail qui me force à être constamment à jour et à l’affût des nouvelles tendances.

Cela dit, est-ce que j’ai aimé mon expérience ? Oui. Autant grâce au service amical, que les mises en scène. La nourriture, quant à elle, ne m’a pas particulièrement impressionnée, mais on a droit à quelque chose de très honnête. Pourtant, la soirée s’était tellement bien amorcée ! Je me souviens encore de cet amuse-bouche composé d’un ravioli maison de lapin, sur lequel était déposée une gelée à l’abricot et une noisette torréfiée. Explosion de saveur ! La pâte était fine et juste un brin ferme sous la dent ; comme on aime. Les saveurs, impeccables. Le jeu de textures ? Encore une fois, rien à dire. Dommage que les plats enchaînés n’ont pas été à cette hauteur.

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Ravioli au lapin

Le tataki de cerf, présenté tout en élégance, était un peu trop sucré à mon goût et manquait un peu de personnalité, même s’il était garni d’un caramel pétillant — malheureusement impercevable — et d’une compote de camerise.

Les pétoncles, quant à eux, étaient superbes. J’ai beaucoup aimé la purée de daikon, juste assez subtile et la sauce à l’érable, pas trop sucrée.

En résistance, j’ai pris un plaisir fou à laisser fondre cette tendre pièce de veau de lait, présenté sur une purée de topinambours et garni de champignons maïtakés poêlés, carotte et de tuiles de champignons. Je ne peux rien dire face à ce plat qui était, je le dis encore, très bon. De là à dire que c’est du nouveau ? Innovateur ? Non.

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Tataki de cerf
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Veau sur purée de topinambours, carottes, champignons

Enfin, la touche finale se fait à la Alinéa– restaurant du renommé chef Grant Achatz à Chicago qui, encore aujourd’hui, continu à hausser la barre de l’expérience client — mais des années 2000. On place d’abord une feuille vierge sur la table, que notre hôte va, avec toute l’élégance du monde, créer le Chef d’œuvre, nom du plat sur le menu. Sur ces photos, je vous laisse imaginer le spectacle, bien amusant.

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Le chef d'oeuvre !

Sommes toutes, la soirée fût très agréable et nous nous sommes tous régalés. À mon goût personnel, j’ai un peu moins aimé les petites attentions sucrées qui surplombaient tous les plats. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé l’effort d’utiliser un maximum de produits du terroir comme l’érable, la camerise, le sureau et la cameline, pour nommer que ceux-ci.

Alors le Chef’s Table innove-t-il ? Pas vraiment. Est-ce que l’on se régale ? Oui. Est-ce qu’on passe une soirée des plus agréables, avec un service professionnel et amical ? Oui et oui.

Chef’s Table

On aime : Le ravioli de lapin

On adore : L’accueil, l’ambiance et le service chaleureux et professionnel

On oublie : L’abondance de sucrosité des plats

Aux commandes de la cuisine : Marie-Anne Bédard

Style de restaurant : Gastronomique, du terroir

On s’en tire pour combien : Une soixantaine de $ par personne, excluant boisson, taxes et service.

On y va quand : Mardi au vendredi midi et du mardi au samedi soir.

 

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